nathanaelfayroi.me

Le Test-Amant de Nathanaël Fayroi



De la difficulté d’être compris, Du devoir de parler

On ne devrait jamais considérer que tout les efforts devraient être fait par les autres. Quand on se sent incompris, il faut savoir que nous y sommes pour quelque chose.

Certainement pourrions-nous trouver les mots qui rendraient ce que nous disons compréhensible. Certainement aussi pourrions-nous formuler les choses de telle manière qu’elle aient un intérêt pour autrui, qu’il ait envie de comprendre et ait envie de faire des efforts.

Je me suis trop longtemps comporté comme si tout les efforts devaient être fait par les autres. Mais aussi je crois que ce que j’ai à dire, en un sens j’en ai honte. Si j’étais fier de ce que je voulais annoncer, je trouverais à le formuler, mais je n’en suis pas fier.

Pourtant je sais aussi que je ne suis pas responsable de ce que je pense. Je ne suis pas responsable des intuitions qui me sont données. Je ne suis pas responsable de ce qui se passe sur la scène de mon âme.

Ce dont je suis responsable, c’est de bien juger ce qui, de la région des pensées et intuitions à le droit de passer dans le monde extérieur. C’est à moi de décider ce qui sera voulu, les actes qui seront posés.

Les idées affluent en nous sans que nous en soyons pour rien, mais ces idées nous suggèrent des choses, elles nous demandent de nous prononcer, d’exercer un arbitrage.

Toute idée qui naît en nous suscite certaines sympathies et antipathies. Une idée qui nous paraît sympathique doit elle être entretenue ? Une idée qui suscite de l’antipathie rejetée ?

Est-ce le sentiment de bien-être et de mal-être que suscitent certaines idées qui devrait décider de la justesse de ces idées ?

Devons-nous nous faire les porte-parole des idées qui surgissent en nous ? Ou devons nous nous en méfier ?

Dans une époque où tout-un-chacun ou presque peut entretenir un blog sur internet, je pense que nous pouvons nous permettre de partager nos idées, nos intuitions, nos inspirations, nos imaginations.

Ce qui est mauvais pour ma vie serait peut-être bénéfique à d’autre. Encore faut-il qu’il puisse y avoir accès.

Mais sommes nous capable de formuler les intuitions qui nous sont données de telle manière qu’elles soient comprises par autrui ?

Je pense que nous avons le devoir de chercher la forme qui convient aux intuitions qui nous sont données. Je pense que nous avons le devoir d’essayer de les formuler de manière qu’elles soient comprises.

Mais nous avons aussi le devoir de nous opposer nous-même à elles, de nous efforcer d’y répondre, de voir les risques où elles peuvent nous mener. De répondre aux idées par des idées. De nous faire tour à tour avocat du diable et avocat de Dieu pour y voir clair et ne pas accepter de demi vérité ou de dixième de vérité.

Et qui exerce, ultimement, le discernement ? La vie elle même. C’est elle qui décide les germes qui porteront du fruit, ceux qui mourront sans descendance. Et nous y avons notre part à cette vie. Le jugement souverain qu’exerce la vie passe aussi par nos paroles, actes, dialogues intérieurs entretenus, tentatives, erreurs…

Pardonnez-moi de vous avoir laissé tout le boulot. J’ai le devoir de rendre compréhensible ce que je dis. J’ai le devoir de vous y donner goût. Et j’ai aussi le devoir de ne pas être dupe que ces idées ne sont pas forcément meilleures parce qu’elles sont apparues en mon esprit.

Pour autant elles ne sont pas non plus forcément moins bonne parce qu’elles sont apparues dans mon esprit. Et en tout cas, si elles apparaissent à notre esprit, il semble crédible de penser que nous avons été choisi pour nous en faire, au moins jusqu’à un certain point les porte parole.

Si nous ne laissons aucune chances à ces idées, qui sait si nous ne privons pas d’une idée qui enrichirai le monde, le métamorphoserait pour le meilleur ?

Commentaires

Votre commentaire