C’était la vie elle même qui m’invitait à parler des amants dont j’aurais à parlé quand je voyais Quentin écouter la voix de Rumplestiltskin alors que je revenais de penser à cet état modifié de conscience que j’avais vécu il y a bien des années ou il me semblait que la vie me disait que oui, elle m’avait bien donné Steven. C’était Etienne, Steven, et pour moi Saint-Etienne-du-Mont et cette aura de lumière quand je repensais à ce que j’y avais vécu. Et cette aura il m’était comme montré que c’était elle encore quand nous nous voyions avec Steven.
Et ces Once Upon a Time qui passaient quand j’allais embrasser Quentin, ces Once Upon a Time que je regardais sans envie, car il fallait bien que nous fassions quelque chose. Je me rappel de notre rituel.
J’allais le chercher chez lui, à Brétigny, il me semble que je l’avais rencontré sur Badoo. Il avait ces jolies tâches de rousseurs et l’odeur merveilleuse de celles et ceux qui ont des tâches de rousseur. Quelles souffrances avaient ils vécues dans leur vie précédente qui leur donnait cette merveille d’enivrement à ceux qui les aimaient ? Je savais que toute beauté, toute bonté, nous la devions à des souffrances surpassées. Alors comme il avait dû souffrir, lui ou je ne sais quel être spirituel pour lui, car comme elle était bonne et belle l’ennivrance de sa peau. Un jeune garçon comme un autre, c’est à dire différent de tout autre, tout entier autre, tout entier jeune garçon.
Et comme j’avais été patient mais j’aurais pu attendre plus longtemps encore, tout dans de telles attentes est émerveillement, la fièvre même. Comment l’expliquer, comment expliquer cette emportement tout entier contenu, tout concentré sur sa fin qui n’est rien d’autre qu’un moment fugace. Et qu’en reste-t-il ?
En vérité une nourriture éternelle pour celui qui sait de quel arbre vient le fruit, et qui sait s’en émerveiller assez. Le oui est merveille et le oui timide plus encore à celui qui comprend à qui est prêt aux souffrances consumantes de la passion. Celles qui font qu’on se détruit soi plutôt que l’autre, celles qui font qu’on va exaucer tout le oui, et que nous attendons le oui suivant pour avancer encore. Ces passions qui font qu’on accepte que dans un grand oui à un moment apparaisse le non et qu’alors, souffrant mais heureux d’être aimant, on obéi. Car ici les rôles sont autres, l’émerveillement n’est donné que si l’autre s’émerveille, et la vérité du plaisir, non son substitut de jouissance charnelle.
J’allais me garer en bas de chez lui, et tremblant je l’attendais dans la voiture…Il pourrait et pouvait toujours dire non, et il me semblait toujours que c’était un honneur extraordinaire qu’il me faisait. Je le pense encore. Il avait 19 ans, comme d’habitude, j’en avais 29. Je l’attendais et il rentrait « Salut. » « Salut ça vas ? » On aurais pas grand chose à se dire, les paroles se diraient ailleurs, sans mots, il fallait simplement meubler le temps, comme on le fait tous et toujours.
Et certainement lui demandais-je comment avait été sa semaine, et le regardait de ces regard qui nous nourrissent l’un l’autre : l’émerveillant et l’émerveillé, l’émerveillé et l’émerveillant. Et nous savions pourquoi nous nous voyions. Et déjà nous en étions heureux. Et l’attente était déjà toute notre.
Et nous étions enfin protégés. Des murs, des fenêtres, des volets, des rideaux, un lieu que nous connaissions. Et le vrai rituel commençait. Je l’embrassait, et il souriait, et je m’émerveillais qu’il sourit, et je m’émerveillais qu’il accepte d’être avec moi, qu’il le désire même. Comment étais-ce possible ? Et voilà que j’étais vaincu et heureux. Il était vainqueur et moi le vaincu, telle était ma victoire.
Notre rituel c’est que je lui retirait son T-shirt et qu’enfin son odeur m’advenait, pleine et entière comme en bouffées et mon ivresse me guiderait, comment me rappeler de la suite ? Si…Alors comment craindre de ne profaner ? Oui, nous nous offrions l’un à l’autre. Et c’était la vie elle-même qui m’aimait, et comme je l’aime, merveilleuse, elle qui offre à l’heure ou je vous parle de tels émois à d’autres encore, et combien ? Aurions-nous fait notre corps que nous ne nous en émerveillons pas ? Le désir qui nous anime peut-être ? La merveille des odeurs alors ? Non. Pure don, pur don tout ceci et merveille et émerveillement.
Et la vie trouvait à se dire toute, mais quand tout est dit, que reste-t-il alors ? S’aérer les idées, une pizza, une série, Once Upon a Time, une façon de nous quitter quoi, de nous éloigner, car le lendemain il rentrerait chez lui, il fallait qu’on se quitte, pour que le T-shirt ait été remis une fois encore, pour que le rituel puisse se proposer encore, qu’on l’enlève encore. La nuit aussi nous ferait nous quitter, et nous nous retrouverions encore une dernière fois, le lendemain matin.
C’est loin, et c’est proche, un amant est un amant pour toujours. Pour l’éternité ces moments ont été gravés dans l’éther, ils ont été vécus. Avec deux beaux et grands oui. Les oui séduisants, les oui timides, les oui aux non, les rôles qui s’échangent.
Comment dire ces fossettes d’émerveillement qui se dessinent sur les jeunes hommes quand on les aime comme il se doit, quand on s’émerveille comme il se doit devant eux ? Les immortaliser me semblerait impudique, et puis peut-on dire qu’on les aurais seulement vu ? Elles nous ont percés, transpercés, ont coupé plus court encore le souffle qu’on avait et qu’on essayais de rependre par un baiser, mais c’était peine perdu, la beauté est plus forte que nous. C’est elle, elle encore, qui sort vainqueur et nous, épuisés, dominés, perdant heureux… à notre place quoi.
Mais les perdants sont dépités, même ensemble. Oui nous avons gagné, mais nous avons perdu. On a plus aucune consitance, on est plus rien, mais on sait qu’on a tout les deux perdu, qu’on voulait perdre, qu’on voulait encore permettre à l’amour d’être vainqueur et la beauté et le désir. Et il n’y a ni ne peut y avoir de promesses. Et elles sont trop mal venues, mais on s’aime, en ça, pour ça, d’amour, de cet amour dont il est indécent de faire un couple, car ce ne serait pas honnête, car ce n’est pas ça. Et je me rappel de son gentil non quand des mois de plaisirs plus tard, je me demandais s’il ne faudrait pas qu’on soit… ensemble… non.
Non, il avait raison, pour nous deux alors, ce n’était pas ça. Avec Steven, ce n’était pas ça. Et ils a quinze ans, et je l’aime et l’aimerai toujours, et tout ceux pour qui mon oui était entier sont mes amants, pour l’éternité.
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{{333-198-429};1144-Test-Amants;-68-68-68-73Terre=-277;Dans 12h 1418 jours vitasophiques et 16h} : Dimanche 25 octobre 2026 à 02h35
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