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Le Test-Amant de Nathanaël Fayroi



Voir le monde à travers une matrice ?

Œuvrer dans un cadre, comme le cadre de Test-Amant de Nathanaël Fayroi, c’est comparable à l’effort d’art sous contrainte dont parle Barbara Stiegler.

Dans un sens anthroposophique, c’est, pourrions-nous dire, entretenir certaines habitudes liées à des définitions pourrions-nous dire. Toyayel est une définition potentielle du réel. Sa guématrie est arrêtée. Mais celui qui la pratique découvre ce qu’elle évoque au fur et à mesure. C’est comme une entité spirituelle avec laquelle on entretiens un lien. Chaque fois que les lettres sont calculées selon ces valeurs, l’entité que j’ai appelé Toyayel, chaque fois que les noms qu’on utilise pour qualifier le réel sont entendus selon les valeurs de ses lettres que nous donne Toyayel, cette entité est entretenue et œuvre à travers nous.

Qui est Toyayel ? On reconnaît un arbre à ses fruits. Ainsi pour savoir quel genre d’arbre est Toyayel, il suffit de gouter ses fruits.

Vivre une vie telle que Toyayel nous donne de la vivre quand nous l’entretenons c’est voir matricé notre expérience de vie par lui. Il est porteur de forces auxquelles je réagis par mon idiosynchrasie et participe aux mouvement intérieurs de mon âme qui, avec ses sympathies et antipathies est poussé à éviter ceci et à rechercher cela.

J’ai de la sympathie ou de l’antipathie pour ce que me donne à vivre Toyayel. Et j’ai conscience qu’un nombre infini d’autres genre d’entité peuvent être choisies pour être ainsi entretenue. C’est caler quelque chose qu’on ne touche plus et à partir de quoi on envisage à présent le monde, et qui nous fait vivre des expériences dont on sait qu’elle sont liées au fait qu’on a justement choisi de caler ce qu’on a calé.

Est-ce voir le monde à travers une matrice ? Ou est-ce être matricié par une matrice ? Le penser entrainant le vouloir, envisager le monde à travers une matrice, c’est se matricier et matricier ce monde par une matrice qu’on ne peut connaitre que par ses fruits.

Toyayel est un arbre, un parmi une infinité qu’on peut choisir d’entretenir, auquel on peut choisir de se vouer et qui porte des fruits. Lesquels ? Impossible de le savoir sans y gouter, donc sans entretenir cet arbre pour qu’il en porte.

Le seul que je ne dois pas manger c’est celui de la connaissance du bien et du mal. Toyayel est un des arbres desquels j’ai le droit de manger, dans ce jardin dans lequel je suis toujours, en fait.

Si je me demandais si ce que je fais est bien ou mal, je ferai ce qui est interdit, mais manger des fruits des arbres est ce que je peux faire, sauf pour celui au centre du jardin, celui du bien et du mal. Refuser d’en manger c’est s’assurer de ne pas mourir, c’est la seule règle de conduite que j’ai à garder.

Comment qualifier ce fruit de Toyayel ? Il est pas dégueux. Il crée des nœuds dans la tête. Ou plutôt c’est l’effort de calculer qui noue un peu. Mais ses fruits sont émerveillants, il ressemblent à une lumière chaude. Ils semblent ne pas avoir de place dans le monde des sens ces fruits, mais exister seulement en mon esprit.

Si je me demandais si cela est bien ou mal, ce serait ne pas respecter la règle de conduite que j’ai reconnue comme importante grâce à cette interprétation du livre de la Genèse qui s’est imposée à moi.

Toyayel me donne de gouter des fruits qui semblent ne pas exister dans le monde sensible. Mais je sais que le haut est comme le bas, et le monde spirituel comme le monde sensible. Ainsi par logique, je sais que ces fruits spirituels en nourrissant mon esprit, nourrissent aussi le monde sensible.

Tiens. Ces fruits de Toyayel nourriraient donc le monde sensible. Pourtant cela ne m’est pas apparent. En suis-je bien sûr ? Et cet amant, Tyler, le fait qu’il soit mon amant, n’est-ce pas lié à Toyayel ?

T 16 Y 1 L 13 E 3 R 19,

17, 30, 33, et 19 font 52, cinq et deux sept, sept c’est Vagissement. Oui, les lettres ont des noms en Toyayel, j’avais oublier de le dire ici.

Abris

Bite

Contentement

Distraction… E F G H, chaque lettre à un noms, comme le faisait les hébreux et d’autres aussi peut-être.

Mais c’est quoi ce Toyayel ? Ne reconnait -on pas un arbre à ses fruits ? Si. La semence qui est à son origine porte en puissance le goût, la texture et les caractéristiques du fruit que modifiera l’environnement dans lequel il est planté.

Il est des terres plus ou moins adaptées à certaines semences. Ou non pas plus ou moins adaptés, mais donnant des fruits modifiés par ce terrain, quels en sont les goûts, chacun ne peut le vérifier que pour soi.

Peut-on adopter un arbre qui ne nous a pas été « révélé à nous » ? Oui, c’est possible. Pourquoi ai-je pourtant plus envie de cultiver « mon » arbre que celui du voisin ?

Devrais-je cultiver la primosophie ou toyayel ? La primosophie m’apparait comme une révélation « extérieure », quand le Toyayel m’apparait comme « ma » révélation. Ce qui est absurde, car je ne suis pour rien dans le fait que tout ceci soit advenu par moi, simplement j’ai « laissé couler ».

Et anthroposophie aussi est un arbre, une « révélation » et elles semblent pouvoir être infinie, et elles portent toute des fruits différents.

Mais alors qu’est-ce que la vitasophie ? C’est la compréhension qu’apporte toute ce vivre, qu’apporte le fait de vivre tout cela. Et la vitasophie est en partie consciente et en partie « virtuelle », « à venir ». C’est en entretenant les liens avec les arbres avec lesquels j’entretiens un lien, que mes compréhensions arrivent, notre vitasophie est propre, nous avons tous la même pourtant, et c’est la sagesse qu’apporte de vivre.

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