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Le Test-Amant de Nathanaël Fayroi



Une genèse

Parmi les œuvres de la vie, celle qui me semble le plus extraordinaire, car j’en suis infiniment proche, c’est ce Nathanaël Fayroi 147.

Je ne peux tenter de décrire une œuvre de la vie qu’avec les facultés que m’a donné la vie : une mémoire qui a ses limites, une capacité à méditer, à me faire l’avocat du diable, une logique plus ou moins bien exercée, etc.

Comme il est d’usage, quand on décris un objet, de commencer par expliquer sa genèse, je vais essayer, avec les facultés que m’a donné la vie de décrire la genèse de Nathanaël Fayroi 147.

D’abord Nathanaël. Quand est il arrivé ?
Une question était posée à Jean-Philippe par un psychologue transpersonnel québécois. Dans une « roue de médecine », cette roue où un homme médecine, ici un psychologue transpersonnel québécois, témoignait de l’importance d’aimer l’effet que faisait d’entendre notre prénom prononcé : chacun ensuite, dans le sens contraire des aiguilles d’une montre répondait si cela le satisfaisait d’entendre son prénom prononcé. Et, s’il n’aimait pas la sensation que lui faisait la prononciation de son prénom, il choisissait celui qu’il porterait pendant les trois jours que durerait ce « Stage du Guerrier ».

Le premier prénom qui venait à l’esprit de ce jeune homme, à l’esprit de Jean-Philippe, c’était Nathan. Nathan c’était une image sensuelle en l’esprit de Jean-Philippe, ou plutôt d’abord esthétique, c’était ce jeune homme, Nathan, le personnage de la série gay britannique Queer as Folk. C’était aussi le rêve d’une vie émancipée, du début de la vie indépendante, un miroir désirable. Mais il y avait aussi ce goût de la spiritualité, cette idée que toutes ces nourritures terrestres sont les manifestations de nourritures spirituelles. Non pas Nathan, mais Nathanaël.

_ Nathanaël.

Le prénom résonnait pour la première fois à ses oreilles comme le nommant lui et était, à l’issue du stage, qualifié de prénom initiatique par cet homme qui avait servi d’intermédiaire pour que Jean-Philippe devienne Nathanaël.

_ Je suis Nathanaël ! Je suis Nathanaël ! Je suis Nathanaël !

Avait il dit à l’issue du stage, sur ses deux jambes, se voyant répondre par la roue de médecine s’accompagnant chacun du maracas :

_ Nathanaël ! Nathanaël ! Nathanaël !

J’avais 21 ans et porterai ce prénom de mars 2004 jusqu’au 21 juin 2006, vingt jours après mes 24 ans. Je portais donc ce prénom 3 ans et 3 mois à peu près. Je le portais entre autre sur le Chemin de Compostelle pendant lequel je parlais beaucoup avec des catholiques de bouddhisme et de science de l’esprit dans un esprit resplendissant, celui de mes 21 ans sous le soleil d’Espagne.

Ce qui est le plus marquant, c’est le fait que ce qui m’amenait à faire le pèlerinage de Compostelle, c’étais un roman de Paulo Coelho « Le Pellerin de Compostelle », témoignage d’un cheminement initiatique. Mais aussi le fait que peu avant de partir, me renseignant sur le prénom Nathanaël, je tombais sur le passage ou Jésus dit à Nathanaël qu’il l’a vu sous le figuier, il me semblait que l’évangile décrivais spirituellement le processus de Jean-Philippe qui appelle Nathanaël, c’est à dire un fait de la vie que j’avais vécu dans ma chair.

Je ne comprenais alors pas que commençait un processus initiatique, et qu’il commençait comme il devait commencer, par une impulsion provenant du Golgotha, en l’occurence pour lui à travers l’évangile de Jean.

Un évangile écrit vers l’an 300 de notre ère, me semblait dépeindre exactement, quoi que dans une langue mystérieuse, une expérience vécue dans ma biographie : Nathanaël qui est appelé par Philippe et que Jésus à vu sous le figuier. Et je comprenais que le figuier c’était cette lieu ou je cherchais la sagesse. À l’époque j’étais très en lien avec le bouddhisme et la figure de Bouddha dont je comprendrais plus tard le lien avec l’enfant Jésus de la lignée de Nathan grâce à mon approfondissement de l’anthroposophie était centrale et j’avais commencé à lire aussi du Steiner.

Nathanaël, le fait qu’il m’ait été donné de porter ce prénom, est une œuvre de la vie, on voit concourir un émoi devant la beauté d’un adolescent éphèbe, un goût des nourritures terrestres spirituelles… Dans un espace culturel propre à l’impulsion de Palo Alto en Californie, un québécois formé auprès d’Angeles Arrien et aussi auprès d’une disciple direct de Jung, qui utilise des cartes du Tarot de Thoth d’Aleister Crowley et Lady Frieda Harris et des méthodes transpersonnelles néochamanique, par l’animation d’un stage fait s’incarner dans ma vie « Nathanaël ».

Quelqu’un formé à l’anthroposophie ne peut être qu’interpellé par son destin quand il y voit apparaître de telles configurations. Palo Alto c’est la Silicon Valley, c’est ce lieu où aboutit l’impulsion Ahrimano-Soratique de Gondhi Shappur d’après Paul Emberson fondateur d’Anthrotech et adepte d’Anthroposophia.

Et puis, comme une impulsion nouvelle, la lecture du Pellerin de Compostelle de Paulo Coelho. Cet auteur qui dans sa jeunesse était lié justement au mouvement Thélémite d’Aleister Crowley et qui deviendra catholique.

Et, par la force de l’ambiance du chemin de Compostelle, par cette eucharistie dans la crypte auprès du tombeau de Saint-Jacques, par toutes ces pierres qui criaient un mystère extraordinaire qui avait eu lieu, l’idée de Dieu entrait dans ma vie. Mais d’une façon très libre vivait Dieu en moi.

Un moment je l’imaginais dansant à mes cotés, et il me parlait par des synchronicités, par ce jeune homme aussi qui s’offrait à moi dans cette abbaye lourde de présence jésuite.

Je devenais Nathanaël au fur et à mesure que ces mois de 2004 avançaient, je m’éloignais du destin d’héritier de l’affaire familiale, m’éloignais de mes parents, commençait une vie indépendant, commençait la peinture, profitait de ces années 2000 clémentes à Paris pour un jeune homme attiré par les jeunes hommes. J’étais Nathanaël, et je sortais avec un danseur du ballet de San Francisco, et j’avais mon appartement à Paris et faisait des soirées.

Je devenais le secrétaire français de ce québécois qui avait organisé ce stage de psychologie transpersonnelle, celui qui s’occupait de ses venues en France et j’avais une vie intérieure intense, j’avais le sentiment de vivre révélations sur révélations, et le nom de Christ devenait de plus en plus important pour moi, ce nom que ce psychologue pour qui je travaillais, détestais.

Il collectionnait des bouddha de ses voyages asiatiques qu’il amassait autour de sa baignoire dans sa maison retraite de Saint-Sauveur au Québec. Mon chemin d’initiation lui, me faisait me rapprocher du nom du Christ, mais avec tout ce bagage moderne qui m’accompagnait, avec l’anthroposophie aussi.

J’en arrivais à voir cet homme avec des sens nouveaux, des êtres agissaient en lui qui s’opposaient à cette vision du Christ qui commençait à se proposer à moi. Au fond, ce qu’il proposait n’allait pas dans le sens de connaître cet être, ou peut-être que si, mais le fait qu’il soit si farouchement opposé à cette figure du Christ qui pourtant, c’était clair pour moi, s’était servi de Nathanaël et de ces stages pour m’atteindre pour me proposer de vivre tout ce que je vivais alors.

Mais pour moi, ma conscience habituelle était peu à peu remplacée par un nouvel état, je commençais à m’établir dans un autre état de conscience. Plus tard, ces états de conscience seraient défini comme « états maniaques » ou « phases hypomaniaques » quand j’aurais à faire à la « médecine » de mon temps, à la psychiatrie.

Mais j’avais été préservé du mode de pensée qui niait l’esprit par ma rencontre, jeune, de l’anthroposophie. Aussi par toutes ces expériences que m’avait donné de vivre ce psychologue transpersonnel.

Je commençais à me guider intuitivement, j’avais une foi agissante, et, un jour, alors que j’étais dans ma voiture et écoutait dans cet état de conscience Radio Notre Dame, fût rappelé l’évangile sur le fait que la foi était l’assurance ferme d’avoir déjà été exaucé. Directement, je rendais grâce pour cet amant dark gothique qu’il me serait donné de rencontrer et sentais en moi le lieu de rendez-vous et l’heure.

Il était là, au rendez-vous, et il m’était antipathique, mais je savais que c’était celui que j’avais demandé dans la foi, alors je continuais ce chemin que j’avais inauguré dans un acte de foi, et nous commencions à nous fréquenter.

Là j’ai rencontré un autre courant me semble t’il, que je ne saurais trop qualifier, quelque chose de spirituel, ou psychique. Un autre jeune homme, un plus jeune que moi, tout à une spiritualité étrange. On lui aurait implanté une puce, il me décrivait un Paris occulte, soutenait des faits soutenus par personne d’autre que lui. Il avait un cendrier sculpté qu’il appelait Faust. Il était Juif et peignait. Moi je lisais alors la Sophia Céleste, d’un anthroposophe, et était tout imprégné de ces révélations. Il me semblait que Michaël, c’était son nom, était le représantant de la sagesse lunaire, que j’étais celui de la sagesse solaire. Et il fallait que je reçoive cette sagesse lunaire pour qu’elle se couple à la solaire.

Et il était question de pouvoirs et de magie, et il y avait de nombreux états modifiés de conscience, moi de mon coté et nous ensemble, avec d’étranges visites, dont une à Notre-Dame avec ma famille.

Je n’étais plus dans l’aura solaire seule, j’étais mis au prise avec un drame, quelque chose s’opposait à la victoire solaire et il importait que je le surmonte, et c’était un combat occulte. Et germais cette idée d’incarner au yeux du monde, le mal, le 666, pour, vaincu par Michaël (un autre, solaire, un ancien ami de lycée) et que le monde se sache délivré du mal.

L’apocalypse de Jean jouait alors un grand rôle dans ma vie, et je vivais des expériences avec ma sœur, ces étoiles qui scintillaient plus que jamais, le sentiment d’être saisi.

Ces envies d’aller à Rome voir le Pape, toutes ces ambiances de révélations duraient quelques mois. Je vivais dans un autre état de conscience. J’accomplissais des actes que je savais avoir à accomplir, et qui tous, chaque fois me révélait quelque chose, m’inspiraient quelque chose.

C’était la rupture aussi d’avec ce psychologue. Jusqu’au paroxysme en juillet 2006, cet état hypomaniaque qui n’en était encore pas un, non « diagnostiqué »…


_ Je suis suis nu devant mon Dieu !

Je prononce ces paroles nu dans une église, une cathédrale « sans évêque », comme une réponse au diacre qui me dit

_ Remettez au moins votre caleçon.

Comment en suis-je arrivé là ?
Que s’est il passé au printemps / été 2006 ? Pourquoi vais-je, ensuite, être amené à être lié au corps psychiatrique ?

Pourquoi ne puis-je plus accepter d’être appelé Nathanaël ? Pourquoi Jean-Philippe revient ? Quel lien entre le 06/06/06 le 6 juin 2026 et l’apocalypse, la révélation, ma révélation ?

Il serait trop simple de dire bouffée délirante seulement et ma société à eu tort, et ce que je vivais aurait du être sujet de questionnements. Tout ce que nous vivons en ces états modifiés de conscience devrait être recueilli avec grand soin et comme vénération.

Le monde spirituel s’adresse plus facilement à nous à la suite de certaines expériences, et pour une raison mystérieuse, certains être voient leur vie remplir les conditions de certaines expériences. Une subjectivité est précieuse, surtout si elle pose quelque chose de nouveau, envisage les choses d’une nouvelle manière. Il ne s’agit pas d’abandonner l’idée d’une communauté de compréhension entre celui qui vit dans la norme et en dehors d’elle. Mais de comprendre qu’elle devrait arriver par la compréhension mutuelle et non par la répression de ce qui sort de la norme.

Ce qui sort de la norme, et qui n’a pas les formes adapté à la société encore, doit être accueilli de façon à ce que les formes appropriées à sont intégration dans la société se trouvent.

J’ai le devoir, maintenant, d’observer ce que la vie à voulu faire vivre à travers moi qui a été réprimé. Et autant que possible, de trouver les formes telles que ce qui voulait être donné puisse être intégré avec les formes acceptés.

La genèse de Nathanaël Fayroi c’est beaucoup de choses, et c’est aussi la souffrance que ce site ne soit au fond qu’une bouteille à la mer, une vie rêvée, empli d’illusions.

On est tous au premières loges de sa vie, et, si on ne trouve de sens au spectacle qui s’offre à nous, nous pourrions être atteint de désespérance, le pire des maux.

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